travaux d'été et inspiration.

Pendant la période estivale je m’active en divers domaines, apiculture maçonnerie, maraichage, etc… Et cet été j’ai repris gout à l’écriture, voui, le « à suivre » à la fin de « chronorome, requiem… » me démangeait. Et comme je n’ai plus d’éditeur, ben du coup j’ai songé : tant qu’à ne pas être publiée autant écrire ce dont j’ai vraiment envie. 

J’ai emmené mon ordi portable à Boule d’Amont et pendant mes pauses je me suis offert le plaisir d’écrire en pleine nature à l’ombre de mon plaqueminier. C’était chouette, même si ça partait un peu dans tous les sens au niveau de l’intrique. Histoire de laisser couler le flux j’ai ouvert de nouveaux dossiers. Il y avait trop de personnages qui demandaient à vivre je les ai laissé venir. Au gré de cette sérendipité dans la narration j’ai fini par m’attacher à une gamine de six ans. J’avais comme toile de fond Villonne et je faisais évoluer mes personnages dans la classe moyenne, histoire de voir dans mon Disneyland préfasciste comment réagissaient les mous, les ceussent qui prennent parti de loin, afin de ne pas risquer de perdre leur petit confort. Pour le besoin de l’histoire, il y a eu une incursion chez les gueux… J’ai eu l’impression de revenir sur mon vrai terrain de jeux.  Là, d’un coup tout se mettait en place et s’imbriquait, j’étais bien.

Et puis mon vieux chat est mort. Quelques jours avant en rentrant un soir d’orage j’avais trouvé sans la rue un jeune martinet incapable de voler. Je l’avais installé dans une corbeille sur la terrasse et je lui donnais à manger (enfin ça ressemblait plus à du gavage, mais bon, j’avais regardé des vidéos pour apprendre à l’alimenter).

Mon veux matou qui s’étiolait ces derniers temps m’accueillait depuis quelques semaines avec des miaulements péremptoires, son truc, c’était de lui changer son eau, pratiquement toutes les heures si j’étais à la maison, et au moins dès que je rentrais. Il récriminait jusqu’à ce que je prenne sa gamelle et que je change l’eau et comme je versais celle dont il ne voulait plus dans le pot des plantes de la terrasse j’ai fini par en faire crever une à force de trop d’arrosage. Mais, c’était mon petit vieux un peu sénile et comme il continuait d’aller gentiment faire dans sa caisse ses litres de pisse (devait avoir les reins un peu niqués) je souscrivais à son caprice. Cette fois-là en rentrant je l’ai entendu miauler dans mon bureau, il avait un coin qu’il affectionnait, sous un fauteuil à bascule en fibre de bananier (59 euros chez Ikea). Je me suis dit que j’allais d’abord nourrir le piaf avant d’aller faire joujou avec la flotte du chat. Puis j’ai réalisé qu’il miaulait dans le bureau et que sa gamelle était dans la cuisine. Le piaf n’en finissait pas d’ingurgiter ses quatre boulettes et le chat miaulait. J’ai dit plusieurs fois très fort pour qu’il m’entende de la terrasse « J’arrive pépère, j’arrive ». Avec le temps son nom Simba ( le roi lion est passé par là) était devenu « pépère ».

J’avais soif, je suis passé par la cuisine boire un truc frais, le chat ne miaulait plus alors j’ai pris le temps de siroter mon panaché framboise. Lorsque je ne suis enfin montée dans mon bureau j’ai eu d’un coup un terrible pressentiment. Imbécile que je suis ! Mon pauvre matou ne miaulait pas, il agonisait… Et je suis arrivée trop tard, peut-être quelques minutes voire secondes, il était encore tout chaud.

Dans mon imagination qui m’invite à l’anthropomorphisme je me dis que se voyant mourir il s’est accroché jusqu’à mon retour et qu’il a usé ces dernières forces à m’appeler. Et moi, pendant ce temps je m’occupais d’un piaf assez con pour tomber du nid. Mon brave chat qui m’a tenu compagnie pendant 17 ans est mort, seul. J’ai bercé sa tiède dépouille jusqu’à ce qu’elle soit affreusement froide. J’ai déposé son cadavre dans un carton (détail absurde : c’était le l’emballage de l’aspirateur qui lui faisait si peur). Le lendemain avec pelle et pioche je l’ai enterré à l’ombre des merisiers sous l’œil intéressé de ma jeune chienne.

Tristesse et culpabilité ont terni ma fin d’été.

Le piaf lui va bien, enfin je l’espère, quelques jours après il s’est envolé, comme mon inspiration.

 


Retour à Tours et le miel de la révolte.

 

Je suis invitée à Polar sur Loire, ça se passe à Tours le 25 novembre. Je suis super contente puisque cela me permet une sorte de pèlerinage.

Je réside dans les Pyrénées Orientales depuis presque 30 ans.  Mais, j’ai vécu à Tours une période particulière, celle de mon adolescente jusqu’à mes premières années – de ce qu’on appelle maintenant – de jeune adulte, donc on va dire dix ans.

Je suis passée de l’institution Sainte Jeanne d’Arc Notre Dame de la Flèche (en Sarthe) pour intégrer le CES Pasteur à Tours au cœur de la cité du Sanitas.

Pour qui connait Tours, des rives du Cher jusqu’au bout la rue Nationale c’est une ligne droite de deux kilomètres et demi. J’ai arpenté la ville d’un bout à l’autre puis dans tous les sens, à pied, toujours à pied, il y avait bien le bus mais je n’avais pas beaucoup d’argent de poche et marcher à travers une ville est encore le meilleur moyen de la connaitre.

Evidemment tout va avoir changé, j’ai changé moi aussi. Un matin de Janvier 1985, j’ai quitté Tours dans une vieille Ford Taunus break. Je reviens à bord de mon pick-up Nissan Navara, j’aime bien les véhicules trop grands pour moi. Ma mémé Graff me disait : ne t’attache pas à ce qui ne rentre pas dans une valise, je vois un peu plus grand : je ne m’attache pas à ce qui ne tient pas dans mon véhicule. Dès fois que… En 1985 je partais avec une envie d’écrire jamais avouée à personne, je reviens avec mes bouquins. Le dernier, « Vous aurez de mes nouvelles dans les journaux » écrit il y a quelques années, a pour décor une station-service basée à Tours:-).

Le miel de la révolte !

Ce miel 2017 que j’ai réussi à produire cette année, une personne connaissant mon parcours l’a nommé par boutade : le miel de la révolte.

Lorsque j’ai démissionné de mon emploi de fonctionnaire je n’ai vu que de la crainte autour de moi. On me plaignait, folle inconsciente que j’étais. Je quittais la sécurité pour faire quoi ? Rénover une vieille bâtisse à l’orée d’un village perdu dans l’arrière-pays ! Faire de l’apiculture et écrire des histoires ! Ben oui, je voulais faire ça moi. Mais tu vas être pauvre ! Certes, mais au moins ma vie est riche. Je vais pas mentir, je ne « travaille » plus au sens latin du terme mais j’ai, on va dire : énormément d’activité physique. J’ai bataillé tout l’été contre les frelons asiatiques, j’ai essuyé les moqueries de quelques personnes, j’ai bravé la chaleur, transpiré (j’en ai chié) mais j’ai réussi à récolter un putain de miel délicieux, le miel de la révolte : la mienne. Je ne voulais pas mourir lentement dans la torpeur de la sécurité de l’emploi.  Je ne voulais plus de ce confort-là.

J’ai écrit aussi, dans ma tête, tandis que je me battais avec les putains de genêts –il parait qu’il faut les couper trois fois avant qu’ils disparaissent pour de bon– mon imagination a commencé à vagabonder, j’ai vu se dessiner des personnages, je me suis attaché à certains et voilà que se dessine doucement une possible suite à « Chronodrome : Requiem… » oui, cette histoire qui m’est si chère.

Ecrire : je sens que je vais m’y remettre… demain ou après-demain, bientôt.

Cette ville, Villonne, basée dans le sud où se déroule l’histoire de Concerto pour l’abattoir et de Chronodrome. Cette ville que je décris, avec ses deux ponts, la place Jean Jaurès et son palais des sports. Cette ville me manquait.

Villonne, en réalité, c’est Tours sous la pluie…

 

 

 

 

 

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Petite surprise de la vie... C'est tragique mais ça reste comique et me permet une chute sympa... Mais vrai.

Faut que je le raconte à quelqu’un... Oui, je pourrais en faire une nouvelle, mais bon, entre ce que j’écris et ce que je réussis à faire publier autant que je relate ça sur le blog… Il est d’ailleurs question d’édition.

J’étais invitée à Nîmes en Noir pour parler de mon  peu diffusé « Chronodrome : Requiem ». Les organisateurs sont sympas (ben évidemment vu qu’ils m’invitent et même qu’ils aiment cette histoire). Il y était question de la « marge », de la marginalité.  

Comme d’habitude je perds un peu mes moyens, j’écoute les autres et j’ai l’impression que lorsque ce sera mon tour ils auront tout dit. Je passe donc sur le contenu de mon intervention. A la fin je précise quand même que je suis tellement en marge que je n’arrive même pas à dénicher un éditeur avec une diffusion nationale…

Arrive le moment où nous passons à table, il y a cet instant de flottement où on n’ose pas s’asseoir. Mon éditeur au grand cœur celui qui me publie en local en sachant qu’il ne peut me propulser en dehors du département, tergiverse et comme je nous trouve un peu ballots à tripoter les dossiers des chaises, je finis par prendre place au hasard. Hasard, mon ami hasard… Une dame, une éditrice se retrouve donc à côté de moi elle est ainsi face à son auteur (une femme) qu’elle accompagne.

Gentiment, elle me demande pourquoi, ou comment je ne sais plus bien, j’affirme avoir des difficultés pour être publiée.

– Ben par exemple, j’envoie mon texte chez vous en priorité car je pensais correspondre à votre ligne éditoriale mais je suis retoquée.

Mon interlocutrice me regarde un peu étonnée. Elle ne pense pas avoir eu mon texte un jour sous les yeux. Bon, c’était il y a longtemps, juste après Cylibris, je lui donne les dates, je précise … Bref. Nous convenons que c’est un acte manqué. Pas grave du tout. Tiens, tu parles, je suis juste en train de tailler la bavette avec l’éditrice dont je rêvais et qui me dit qu’elle m’aurait bien vue appartenir à sa maison. Je reste souriante, tranquille, la vie m’a appris à camoufler mes émotions.

Comprenez-moi, cette dame ne se doute pas qu’elle et sa maison d’édition représentaient le summum, l’aboutissement. Lorsque j’écrivais la nuit, j’espérais alors que c’est chez elle que mes manuscrits deviendraient livres. Parce que je voulais être éditée par cette femme, parce que j’aimais le nom de sa maison d’édition, le format de ses ouvrages, parce que les propos qu’elle tenait dans les interviews, que j’avais pu glaner sur internet, lorsqu’elle définissait sa ligne éditoriale, semblaient me correspondre.

Le jour où j’avais essuyé sa lettre de refus pour Chronodrome, ma déconvenue a été si grande que je n’ai même pas tenté d’autres éditeurs nationaux.

On sympathise, on discute, au lieu de mourir de chagrin je mange ma salade de chèvre chaud. Je boirais bien pour oublier, le vin blanc n’est pas mauvais, mais je dois encore parler aux gens dans l’après-midi, parler de mon livre, de mes personnages.

Elle bataille avec sa viande et moi, je lorgne ses frites… Je ne mange pas de mammifère or les frites accompagnent souvent les plats de viande.

– Tu ne manges pas tes frites ?

Non, vas-y, prends.

Elle ne m’a pas publié, mais j’ai mangé les frites dans l’assiette de Marion Mazauric !

 

Mais pourquoi ai-je donc tué Victor ?

 

Dernièrement j’ai accepté l’invitation de Lectures et Rencontres de Canet en Roussillon par l’intermédiaire de Fabricio Cardenas le directeur de la médiathèque de Canet. Dans un premier temps  J’avais songé alléguer des trucs et des machins qui empêchaient de répondre à l’invitation (oué, je ne suis pas en forme en ce moment et je venais de botter en touche une autre invitation à « animer » une soirée, la dame m’avait dit «  vous parlerez de vos livres etc»). Franchement je ne suis pas très à l’aise pour « parler » de mes histoires. Donc oui, j’invente des prétextes, je n’ai pas encore assez d’aura pour avouer : non ça m’emmerde ! On ne sait jamais, hein, des fois que le jus reviendrait, il ne faut pas se griller bêtement. Et puis Fabricio me dit, « le club des lecteurs a lu Requiem… Ils voudraient vraiment t’en parler surtout que la moitié des lecteurs n’a pas aimé, certains ont été choqués, c’est très tranché, ceux qui ont adoré et qui, du coup, ont lu tes autres livres et ceux qui ont été interpellés par la cruauté et la violence. Ce serait une sorte de débat…

Bon, là, ce n’était plus la réunion Tupperware… J’ai dit ok. Tout d’abord parce que Requiem reste mon histoire préférée, celle qui me reste à l’esprit, celle où j’ai envie de retourner afin d’y retrouver David-Lenny et Samuel que j’ai lâchement abandonnés au sommet d’un piton rocheux en écrivant « à suivre »  en guise de final.

Les gens avaient donc lu, on allait pouvoir causer vraiment, ma prestation ne serait pas un monologue dont le but serait de « vendre » des livres.

Je me suis rendue à la salle de l’écoute du port le 6 avril à 18 heures. Il y avait plein de gens ! Si, si au moins une quarantaine. Et je me suis dit que c’était super que Requiem (livre qui se vend mal) avait été lu par tous ces gens :-)  regroupés en cet endroit.

Je remercie le monsieur dans le public ( il n’y en a pas  beaucoup des messieurs dans les clubs de lecture)  dont je ne connais pas le nom mais dont je retiens le visage qui m’a gentiment interrompue, lorsqu’il a vu à quel point je pataugeais, pour, bien mieux que moi, résumer l’histoire et parler des personnages. Ce monsieur m’a sortie de l’ornière dans laquelle je m’embourbais et le débat a pu commencer. Franchement c’était passionnant, une dame par exemple m’a expliqué qu’une scène de viol au début  (en fait une scène de ménage qui tournait mal) l’avait fait refermer le livre définitivement. C’était intéressant dans le sens où, je l’ai fait remarquer à la dame (je pense d’ailleurs qu’elle était l’épouse du monsieur qui lui avait tant aimé), que l’action en question était suggérée par un détail sordide mais qu’elle n’était pas littéralement décortiquée ni complaisamment décrite, l’imagination avait fait le reste…

J’étais contente, j’avais oublié où j’étais, nous causions tous d’un bouquin, chacun donnait son avis, parlait avec passion des personnages (et même du chien Pilou) et de la trame de l’histoire. Et ce bouquin, c’était le mien : ce mal aimé de Requiem.

Et puis d’un coup, une dame qui n’avait pas beaucoup parlé a secoué la tête comme un peu agacée : «  moi, ce que je voudrais savoir, c’est : pourquoi vous avez tué Victor ? ».

Oui hein ! M’a-t-on aussitôt reproché, Pourquoi et de si cruelle manière ?

J’ai répondu la vérité : je me le demande tous les jours…

Mais bordel ! Pourquoi j’ai supprimé Victor ?

Dix ans que je viens renifler cette histoire comme une chien revient inlassablement vers sa gamelle vide en espérant la trouver pleine, dix ans que je me dis : mais bon sang, j’avais mis tel et tel détail, il y avait une raison. J’avais une idée de suite à l’esprit à ce moment-là, et voilà que je ne m’en souviens plus, je bute sur un truc : Victor est morte (ce n’est pas une erreur ce « e » à la fin, Victor est une fille)…

Je regrette de l’avoir tuée.

Aujourd’hui il pleut, je fais une pause dans mes travaux agricoles, je vais fabriquer de la lessive, refaire un cake vaisselle me concocter un nouveau shampooing solide et faire une boulange, pendant que je touillerai et malaxerai j’essaierai de trouver un moyen de poursuivre sans Victor.

Samedi c’est la Sant Jordi, voyons si ce sera sous la pluie.

 

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22 juin 2016

Une belle critique ! Merci monsieur CARCHON

 

Requiem pour une racaille, de Gil Graff

En quelques pages, le lecteur est plongé dans une nuit au climat oppressant, où manger, vivre en sécurité, sauver sa peau est devenu problématique...
L’uchronie est un genre littéraire qui eut son heure de gloire dans la seconde moitié du XIXème siècle. L’auteure de Requiem pour une racaille a décidé de s’y coller. C’est tout à son honneur. Beaucoup pourraient être tentés de classer Gil Graff dans la famille des écrivains naturalistes. A tort. Ce serait mal la connaître. Avec ce Requiem… l’auteur nous fait entrer dans un cauchemar sans fin, où la condition humaine est décrite sans fard, sans once de complaisance, et confrontée au crime et à l’horreur, monde dans lequel se croisent des enfants, des géants, de petits et grands monstres, évoluant dans un monde fasciste où, pour peu qu’on soit du côté du manche, on a droit de vie et de mort sur tous les parasites, les éclopés, les faibles, les enfants qui vous tombent sous la main. Julien, jeune homme à la situation plus que précaire, a su jouer des coudes dans cet ordre nouveau et se placer auprès de Wint, exécutant du tout récent régime, sorte d’ogre sanguinaire, violent et amoral. Très vite, notre Julien fait ses premières gammes dans l’horrifique. Comme il veut s’en sortir à tout prix, ne plus être humilié et que Dieu en ce monde est bien mort, tout est permis pour lui. La nouvelle cité est en marche, déterminée à écraser tous ceux qui, par malheur, se dresseraient sur son chemin. Ces autres pourraient bien être Lenny, frère de Julien, et une jeune femme prénommée Victor, qui ont pu fuir un camp d’endoctrinement, duo à la Steinbeck où Lenny incarne le géant au cerveau limité protégeant sa nouvelle et fluette amie. L’un a la force physique, l’autre une tête bien faite et n’a ici rien d’une souris… En quelques pages, le lecteur est plongé dans une nuit au climat oppressant, où manger, vivre en sécurité, sauver sa peau est devenu problématique. L’auteur, sous le masque d’une conteuse n’hésitant pas à faire dans le grotesque, le grimaçant, parfois à la manière d’un L.F Céline, nous trousse une terrifiante fable qui nous renvoie (encore plus aujourd’hui qu’à la sortie du livre) à une réalité qui hélas se dessine : l’arrivée des barbares par la force ou les urnes. Le frisson est palpable ; ça pourrait bien le faire, comme on dit aujourd’hui. La force littéraire de Requiem pour une racaille tient aux moyens allégoriques qu’emploie Gil Graf pour nous forcer à regarder comment s’installe, fonctionne le fascisme. Comment l’ignoble et l’inhumain se mettent en place. Mais nous restons dans le roman, entre conte et sotie. On n’est pas loin d’Alice, de Gulliver, parfois même du côté du récit sadien et du Perrault de Barbe bleue. C’est dans cette sarabande bouffonne, aux confins de l’horreur que s’exhale le discours politique, enchâssé dans l’histoire comme un venin qu’instilleraient les phrases de Requiem pour une racaille. Un immense bravo à l’auteur qui excelle dans les situations scabreuses, jamais gratuites, dans la peinture saignante et peut-être au couteau de l’horreur programmée, au long de cette sanguine à drôle de goût d’apocalypse.  

Editions Ultima Necat - 352 pages - 13 €

Yves CARCHON

Requiem pour une racaille, de Gil Graff

France | Littérature Vu 576 fois En quelques pages, le lecteur est plongé dans une nuit au climat oppressant, où manger, vivre en sécurité, sauver sa peau est devenu problématique... L'uchronie est un genre littéraire qui eut son heure de gloire dans la seconde moitié du XIXème siècle.

http://www.tvlocale.fr

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13 mai 2015

Je sors de ma grotte le 16 mai pour une sortie à Toulouse... Je vais causer dans la librairie " Ombres blanches"...

 

17 h 30 Rencontre avec Gil Graff autour de son roman historique Personne ne parlera de nous lorsque nous serons morts (éditions Ultima Necat). Native du Mans, Gil Graff vit et écrit à Saint-Cyprien depuis plus de vingt ans. À travers les genres, elle reste fidèle au roman noir (Chronodrome, Céret noir, Catalan Psycho), s’attachant à développer la psychologie de personnages ordinaires toujours à la limite de la folie. 1938, en Catalogne. Rémo Valdi, un mondain oisif et bellâtre, fait la connaissance de Maria Juan, une aide-soignante qui aspire à toutes les libertés. Pendant soixante ans, ils vont vivre une relation hors du commun, leur histoire se confondant avec celle du 20e siècle avec en toile de fond la guerre d’Espagne, les inondations de 1940, le camp de Rivesaltes.

Détail d'une rencontre

Mare Nostrum 11,00 € Journée autour de la Retirada avec les éditions Mare Nostrum : présentation d'ouvrages de la maison d'édition et rencontre avec les auteurs. Fondées en 1990 à Perpignan, les éditions Mare Nostrum ont d'abord publié des ouvrages de littérature (avec des traductions de l'américain, de l'anglais, du castillan et du catalan) avant de recentrer leur catalogue entre fiction, essai et régionalisme.

http://www.ombres-blanches.fr

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29 mai 2013

difficulté de concentration... à cause de l'eurolevo... et comédie du livre à Montpellier.

 

L'eurovélo  http://www.eurovelo6.org/permet de relier la France à la mer noire en vélo...  Mon fiston est parti depuis maintenant quelques temps pour ce périple en solitaire.  Avant son départ, je lui ai offert un joli cahier relié et un petit appareil photo mais je ne sais pas s'il se servira de l'un ou de l'autre.  Peut-être plus tard si un écrivain sommeil en lui, il pourra s'inspirer de son expérience.

Je me sers des miennes de manière cachée.  Ceux ( arf ! peu nombreux) qui ont lu mes 7 romans  savent sans le savoir beaucoup de choses sur moi. Mais je dissimule, je tortille, je déforme et il me reste encore quelques "souvenirs" à tarabiscoter mais la concentration me manque.

J'imagine mon jeune cycliste cheveux aux vent dormant dans la nature sous sa toile de tente ( il traine derrière lui une petite remorque où il remise son volumineux sac à dos) et mes pensées dérivent vers lui.

La première histoire que j'ai rédigée recelait quelques-uns de mes souvenirs d'enfance... Une enfance qui ressemblait au cacao, belle et appétissante de loin mais dégueulasse d'amertume. Je l'avais intitulé "les crochemars", déformation volontaire de cauchemar. Point de petite fille dans cette histoire, mais deux garçonnets parce que ... Je dissimule :-). Cette histoire n’a jamais été éditée. J’entasse les manuscrits, je les laisse murir. Je me dis que ce n’est pas parce que c’est écrit que cela doit être publié. C’est souvent ainsi que je conclue mes ateliers d’écriture : ce n’est pas parce que c’est écrit que cela doit être publié…

Je serai à la comédie du livre à Montpellier les 6, 7 et 8 juin pour assister à la retransmission des textes des détenus. J’espère rencontrer les montpelliérains qui m’ont adressé des messages  de sympathie depuis la sortie de" Chronodrome, requiem pour une racaille".

A bientôt

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10 novembre 2012

Laurent Greusard du site K-libre, intitule ainsi son article concernant réquiem pour une racaille : jusqu'à la nausée...

Chronodrome " requiem pour une racaille" un monsieur en cause sur K-libre http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=2491

Je suis restée un peu perplexe, je ne sais pas si trop si ça peut donner envie de lire le livre. Mais comme moi-même je ne suis pas très bonne pour parler de mes histoires... M'enfin ce qu'il dit est en partie vrai, sauf comme ça ne se termine pas dans l'Aude mais bien à Périllos qui est dans les pyrénées Orientales.

Il temine ainsi (... ) la profonde noirceur, souvent sanglante et gore, très sexuée, d'un récit qui emprunte à Frédéric H. Fajardie, sans le côté romantique et joyeux, pour présenter un futur proche dans lequel nous pourrions basculer.

j'ai un peu honte de mon inculture mais  je ne sais pas qui est Frédéric H. Fajardie...

Déjà dans un forum de Pol'Art Noir un individu faisait part de ses doutes. Il se demandait à mon sujet parlant de Catalan Psycho : provoc inutile ou une neo weslake ? Je n'avais jamais entendu parler de weslake...

Je suis juste moi.

 

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05 septembre 2012

Ce samedi 08 septembre à la librairie Torcatis et Dimanche toute la journée à Céret...

ceret-gilgraff-ultimanecat

Je serai en "dédicace, rencontre et parlote" samedi de 10 Heures à midi à la librairie Torcatis pour "chronodrome": requiem pour une racaille.

J'aime beaucoup la ville de Céret, ce sera donc un plaisir d'y passer mon dimanche pour leur salon du livre et des éditeurs.

ps : pour l'occasion je me suis même fait couper les cheveux :-)

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