Mais pourquoi ai-je donc tué Victor ?

 

Dernièrement j’ai accepté l’invitation de Lectures et Rencontres de Canet en Roussillon par l’intermédiaire de Fabricio Cardenas le directeur de la médiathèque de Canet. Dans un premier temps  J’avais songé alléguer des trucs et des machins qui empêchaient de répondre à l’invitation (oué, je ne suis pas en forme en ce moment et je venais de botter en touche une autre invitation à « animer » une soirée, la dame m’avait dit «  vous parlerez de vos livres etc»). Franchement je ne suis pas très à l’aise pour « parler » de mes histoires. Donc oui, j’invente des prétextes, je n’ai pas encore assez d’aura pour avouer : non ça m’emmerde ! On ne sait jamais, hein, des fois que le jus reviendrait, il ne faut pas se griller bêtement. Et puis Fabricio me dit, « le club des lecteurs a lu Requiem… Ils voudraient vraiment t’en parler surtout que la moitié des lecteurs n’a pas aimé, certains ont été choqués, c’est très tranché, ceux qui ont adoré et qui, du coup, ont lu tes autres livres et ceux qui ont été interpellés par la cruauté et la violence. Ce serait une sorte de débat…

Bon, là, ce n’était plus la réunion Tupperware… J’ai dit ok. Tout d’abord parce que Requiem reste mon histoire préférée, celle qui me reste à l’esprit, celle où j’ai envie de retourner afin d’y retrouver David-Lenny et Samuel que j’ai lâchement abandonnés au sommet d’un piton rocheux en écrivant « à suivre »  en guise de final.

Les gens avaient donc lu, on allait pouvoir causer vraiment, ma prestation ne serait pas un monologue dont le but serait de « vendre » des livres.

Je me suis rendue à la salle de l’écoute du port le 6 avril à 18 heures. Il y avait plein de gens ! Si, si au moins une quarantaine. Et je me suis dit que c’était super que Requiem (livre qui se vend mal) avait été lu par tous ces gens :-)  regroupés en cet endroit.

Je remercie le monsieur dans le public ( il n’y en a pas  beaucoup des messieurs dans les clubs de lecture)  dont je ne connais pas le nom mais dont je retiens le visage qui m’a gentiment interrompue, lorsqu’il a vu à quel point je pataugeais, pour, bien mieux que moi, résumer l’histoire et parler des personnages. Ce monsieur m’a sortie de l’ornière dans laquelle je m’embourbais et le débat a pu commencer. Franchement c’était passionnant, une dame par exemple m’a expliqué qu’une scène de viol au début  (en fait une scène de ménage qui tournait mal) l’avait fait refermer le livre définitivement. C’était intéressant dans le sens où, je l’ai fait remarquer à la dame (je pense d’ailleurs qu’elle était l’épouse du monsieur qui lui avait tant aimé), que l’action en question était suggérée par un détail sordide mais qu’elle n’était pas littéralement décortiquée ni complaisamment décrite, l’imagination avait fait le reste…

J’étais contente, j’avais oublié où j’étais, nous causions tous d’un bouquin, chacun donnait son avis, parlait avec passion des personnages (et même du chien Pilou) et de la trame de l’histoire. Et ce bouquin, c’était le mien : ce mal aimé de Requiem.

Et puis d’un coup, une dame qui n’avait pas beaucoup parlé a secoué la tête comme un peu agacée : «  moi, ce que je voudrais savoir, c’est : pourquoi vous avez tué Victor ? ».

Oui hein ! M’a-t-on aussitôt reproché, Pourquoi et de si cruelle manière ?

J’ai répondu la vérité : je me le demande tous les jours…

Mais bordel ! Pourquoi j’ai supprimé Victor ?

Dix ans que je viens renifler cette histoire comme une chien revient inlassablement vers sa gamelle vide en espérant la trouver pleine, dix ans que je me dis : mais bon sang, j’avais mis tel et tel détail, il y avait une raison. J’avais une idée de suite à l’esprit à ce moment-là, et voilà que je ne m’en souviens plus, je bute sur un truc : Victor est morte (ce n’est pas une erreur ce « e » à la fin, Victor est une fille)…

Je regrette de l’avoir tuée.

Aujourd’hui il pleut, je fais une pause dans mes travaux agricoles, je vais fabriquer de la lessive, refaire un cake vaisselle me concocter un nouveau shampooing solide et faire une boulange, pendant que je touillerai et malaxerai j’essaierai de trouver un moyen de poursuivre sans Victor.

Samedi c’est la Sant Jordi, voyons si ce sera sous la pluie.

 

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19 avril 2012

san Jordi samedi peut être encore sous la pluie....

Ce samadi c'est la San Jordi. L'année dernière il pleuvait et la manifestation sur le quai Vauban avait été annulée.

Cette année le Chronodrome nouveau ne sera pas sur l'étal car on n'en finit plus de le "faire beau" avant de le lancer sous presse...

 Je serai tout de même sur le stand des éditions Mare Nostrum afin de continuer à faire connaitre "Céret Noir" ( il y en a presque plus) et "Catalan Psycho" orné de son bandeau rouge qui annonce désormais la couleur :  "immoral et irrespectueux" :-) je regrette de ne pas pu avoir ajouter faute de place  "et jubilatoire" !

A bientôt....

 

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24 juin 2011

25/06/2011 Gil Graff à la San Jordi de Perpignan

Gil Graff occupera le stand des Editions Mare Nostrum le samedi 25 juin 2011 à la San Jordi de Perpignan, Quai Vauban de 10h à 17h. Elle vous y attend avec un grand sourire et peut-être une jolie dédicace si vous l'inspirez. Elle présentera ses deux derniers romans : Catalan Psycho et Céret Noir.

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